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A quoi servent les émotions?

Souvent, il nous arrive de considérer nos émotions comme des obstacles, des erreurs ou des faiblesses. Nous cherchons alors à les contrôler et à les empêcher de se manifester.

Par exemple, au moment où je m'adresse à la personne qui m'intéresse le plus, je deviens nerveux et tendu. Bien sûr, je considère que c'est le pire moment pour être nerveux ! Je voudrais être à mon meilleur pour l'impressionner, mais au lieu de ça je rougis, je bafouille et je perds mes idées.

Je n'aurais aucune objection à devenir énervé plus tard, seul chez moi. Ça ne me dérangerait pas du tout! Mais maintenant toutes ces réactions me nuisent en m'empêchent de faire ce que je veux, justement au pire moment.

Il est certain que je ne m'énerverai pas chez moi. Il n'y a rien là pour m'énerver. En fait, c'est précisément au bon moment et au bon endroit que je deviens tendu et que je rougis. Cette affirmation vous surprend ? Encore quelques pages et vous comprendrez pourquoi elle est parfaitement vraie.

  1. Pourquoi avons-nous des émotions ?

    Essentiellement, toutes nos réactions émotives sont là pour nous aider à nous adapter à chaque situation de notre vie. Elles servent à nous permettre de tirer le plus de satisfaction possible de chaque moment et d'éviter les obstacles et les dangers qui se trouvent sur notre chemin. C'est un peu comme un système de guidage très sophistiqué qui nous amène à notre principale destination: la satisfaction de nos besoins. On s'émerveille parfois devant le système de sonar dont se servent les dauphins pour se guider. Avec notre système émotif, nous n'avons rien à leur envier, bien au contraire !

    Par exemple, la peur déclenche en nous des réactions physiques qui nous aident à faire face au danger plus efficacement. Notre vision devient plus précise, nos réflexes plus vifs, nos muscles plus forts et nous sommes moins sensibles à la douleur. Nous avons alors tout ce qu'il faut pour mieux réagir au danger en combattant ou en fuyant efficacement.

    On voit souvent, dans de telles situations, des personnes qui accomplissent des choses dont elles seraient normalement incapables. Les athlètes en sont bien conscients et ils tentent de s'en servir pour atteindre des performances supérieures, en mettant cette intensité au service de leurs objectifs.

    En fait, nos émotions sont la partie la plus importante de notre système de guidage: elles fournissent l'information nécessaire et les indices pour la rendre utilisable. En effet, nos sentiments et nos émotions nous informent continuellement sur la situation dans laquelle nous sommes et sur notre état intérieur. Plus précisément, cette vie émotive nous renseigne sur l'effet des événements et de nos propres actions sur notre équilibre intérieur.

    À chaque moment, mes réactions émotives m'indiquent dans quelle mesure mes besoins sont satisfaits ou insatisfaits Elles me montrent jusqu'à quel point la situation ou les événements me conviennent vraiment.

    Lorsque nous pensons aux émotions de ceux qui nous entourent, cette réalité nous apparaît plus évidente. Par exemple, si mon ami devient triste pendant que je parle, je sais immédiatement que ce que je viens de dire ne correspond pas à ce qu'il voudrait. De même, si ma conjointe se fâche, il m'apparaît évident qu'elle considère ce que je disais comme un obstacle à sa satisfaction.

    Pourtant, lorsque nous pensons à nos émotions, il arrive souvent que nous soyons moins clairvoyants. Nous serons portés à considérer notre tristesse non pas comme un signe important à considérer, mais comme une faiblesse relativement inacceptable. De même, nous traitons souvent notre colère comme un manque de maîtrise et non comme une énergie utile pour vaincre un obstacle sérieux.

    Parfois, il nous arrive d'accuser les autres d'avoir des réactions émotives excessives. Mais là encore, il est facile de déceler le motif de cette évaluation: nous considérons la réaction de l'autre comme trop forte ou trop émotive lorsqu'elle dérange notre démarche, lorsqu'elle nuit à l'atteinte de nos objectifs. Personne n'accuse un autre de l'aimer trop fort à moins d'être en train de chercher à s'éloigner de cette personne. Ce n'est pas sa recherche de satisfaction que nous dénonçons alors, c'est la difficulté supplémentaire qui en résulte pour notre séparation.

  2. Des messages précis

    Les deux exemples ci-dessus illustrent un aspect supplémentaire important: chaque émotion ou sentiment nous donne un message précis à propos de notre équilibre intérieur. Ainsi, la colère nous indique que notre organisme a décelé la présence d'un obstacle. De même, la tristesse est présente lorsque nous subissons une perte ou lorsque nous souffrons d'un manque. La liste des exemples serait longue, car chaque sentiment est porteur d'un message particulier.

    Heureusement, il n'est pas nécessaire de nous promener avec un manuel de traduction pour connaître le sens particulier de chacun, il suffit d'y être soigneusement attentif et de le ressentir complètement. Si je suis réceptif et curieux devant les sentiments et les émotions qui apparaissent dans mon monde intérieur, il est assez facile d'en comprendre les messages.

    Mais par contre, si je m'objecte et si je considère ces réactions comme peu appropriées, cela ne les empêchera pas d'exister, mais leur signification ne pourra devenir claire. En fait, mes sentiments commenceront alors à prendre des formes différentes qui refléteront non seulement le déséquilibre initial, mais également les déséquilibres supplémentaires qui apparaîtront à partir du moment où je repousserai mon sentiment.

    Ça semble bénin: je ne fais que repousser un sentiment. Mais en fait, c'est la première marche de la descente aux enfers. Comme nous allons le voir, c'est le premier pas vers une profonde aliénation et une multitude de problèmes en tous genres.

    Et c'est le début des complications! Les frustrations s'accumulent et les sentiments deviennent plus intenses, tellement que j'en viens facilement à les considérer comme disproportionnés. Mon émotion reflète alors non seulement ma réaction à l'événement particulier à l'occasion duquel elle se manifeste, mais également ma frustration accumulée dans plusieurs autres situations analogues. Ma réaction est trop forte pour la situation présente, mais elle est exactement de la bonne intensité pour s'adresser à l'ensemble des situations auxquelles j'ai refusé de réagir. Et c'est justement ce que je fais maintenant: je réagis à toutes ces situations à la fois. C'est la deuxième marche, plus glissante que la première, celle où j'accumule les frustrations.

    L'exemple le plus fréquent de cette accumulation, c'est celui où on a l'impression d'être comme une bombe. Par exemple, on n'en peut plus de se laisser mener par le bout du nez, on s'en veut d'être incapable de dire non, on en a marre de se laisser traiter comme si on n'était rien. C'est alors comme une impossibilité physique: plus rien ne passe, on est tout simplement incapable d'accepter une frustration supplémentaire. La coupe est pleine, comme on dit!

    Mais encore là, tant que mes émotions demeurent vivantes, tout n'est pas perdu. Je considère peut-être que mes réactions sont exagérées, mais elles continuent à m'indiquer le chemin à suivre. Il est encore assez facile de les écouter et d'en tenir compte; il suffit que je le décide. Ça prend un peu de courage pour faire face à la question qu'on évite depuis un certain temps, mais c'est encore relativement facile. C'est l'étape suivante qui est vraiment dangereuse: celle où je parviens à étouffer mes émotions, à les empêcher de ressortir de temps à autre.


  3. Les émotions étouffées sont coûteuses

    C'est ce qui arrive souvent dans les relations de couple insatisfaisantes: je suis de plus en plus insatisfait, mais je crois de moins en moins à la possibilité de parvenir à une solution. Alors, plutôt que de continuer à ressentir la colère qui monte en moi et qui pourrait servir à briser le cercle vicieux, je choisis de l'étouffer. Je ne veux plus faire de scènes inutiles, je ne crois plus qu'il est utile de soulever encore une fois le problème pour arriver toujours à la même impasse, je ne veux pas d'une violente querelle devant les enfants, je trouve moins fatigant de bouder ou de boire... Tous les prétextes peuvent servir et chacun comporte une part de vérité, mais le résultat final est toujours le même: je choisis de m'éteindre. C'est la troisième marche de la descente vers la perte de soi.

    Et ce choix, on le paye chèrement! Le premier et le plus grave prix à payer, c'est une forme d'indifférence intérieure: on ne souffre plus vraiment, on ne réagit plus tellement, on est comme neutre. Et ce n'est pas seulement avec la personne devant laquelle on étouffe ses réactions, c'est un peu partout. Cette indifférence s'étend comme une tache d'huile. En fait, on est psychologiquement ou émotivement mort! Comme un mort, on n'a plus de réaction et nos réflexes disparaissent, même ceux qui servent à la survie. Un mort n'a pas besoin de réflexes de survie!

    Bien sûr, on peut se donner l'illusion de demeurer vivant: on se passionne pour le football, on plonge à fond dans le travail, on s'absorbe dans un hobby accaparant, on investit tout dans un enfant ou un chat. Mais du point de vue de nos besoins psychologiques les plus importants, c'est la démission, avec la nostalgie ou l'amertume qui suivent de près.

    Si cette indifférence émotive apparente dure trop longtemps, on glisse vers la quatrième marche: celle où des indices secondaires accaparent notre attention. Plusieurs maux nous guettent alors: dépression, angoisse, phobies, stress, migraines, maux de dos. Tous ces problèmes découlent de notre capitulation ou de notre aveuglement volontaire. Ce sont les résultats directs de nos façons de fuir, de nous engourdir, d'éviter de voir ou de savoir ce qui ne va pas.

    Tout comme les émotions et les sentiments du début, ces réactions sont les indices de notre organisme pour attirer notre attention sur des manques importants par rapport à nos besoins principaux. Mais cette fois, les indices sont beaucoup plus difficiles à décoder. Premièrement, parce qu'ils sont très indirects: les réactions saines (sentiments et émotions) se sont transformées en problèmes (symptômes) qui empirent encore la situation. Deuxièmement, les nouveaux indices sont difficiles à utiliser parce qu'il s'agit de problèmes qui exigent des solutions supplémentaires. En accaparant notre attention, ces problèmes la détournent du manque de satisfaction qui persiste et nous empêchent d'y remédier. Il devient donc difficile de s'attaquer à la cause réelle de nos maux, car elle est cachée derrière un mal qui prend de plus en plus de place.


  4. Les fausses réponses aux besoins

    Souvent, à cette étape, on commence à s'inquiéter. Les symptômes nous alarment et nous cherchons à comprendre ce qui ne va pas. C'est la solution la plus saine, mais aussi la plus exigeante. Si nous parvenons à ne pas nous laisser distraire par les problèmes secondaires, il est possible de remonter la pente.

    Mais il arrive très souvent que cette inquiétude débouche sur une nouvelle forme d'évitement: la recherche de satisfactions compensatoires. C'est la cinquième marche d'un escalier de plus en plus glissant. Par exemple, on peut se faire illusion en recherchant l'admiration ou l'attention constante de notre entourage, en cherchant à accumuler l'argent ou le pouvoir, en s'impliquant dans des guerres interminables ou dans de folles aventures amoureuses.

    Dans ce cas, les indices de notre malaise deviennent encore plus difficiles à reconnaître. Comme il nous semble normal d'être anxieux avant de donner un spectacle, dans une situation de conflit, en tentant de conquérir une personne ou un groupe, il est difficile de reconnaître le signal d'alarme plus fondamental que nous donne notre organisme. On ne voit plus que le malaise réel vient de notre profonde insatisfaction, car nos joies et nos difficultés ponctuelles nous la dissimulent. L'excitation cache la frustration et tente en vain de remplacer la satisfaction.

    Et alors, on devient insatiable: la recherche d'attention, de pouvoir, d'argent ou d'admiration est interminable parce que le besoin qu'on cherche à combler n'est pas le bon. C'est comme si on était devenu dépendant d'une drogue: le besoin augmente à l'infini. Mais ces paradis artificiels sont remplis d'illusions et de cruelles déceptions: toute l'admiration au monde ne vaut rien pour nourrir émotivement la personne qui a besoin d'être aimée! Quelques suicides de vedettes trouvent ici un sens nouveau.


  5. Les complications physiques

    Mais alors, les problèmes deviennent encore plus graves et plus insidieux. C'est notre corps qui devient la voix de nos besoins: ulcères, troubles cardiaques, maladies de la peau, insomnie et plusieurs autres troubles physiques apparaissent comme des cris d'alarme de notre organisme qui n'en peut plus. C'est la sixième marche: les symptômes nous indiquent qu'il s'agit d'une situation grave et urgente. Mais aurons-nous le courage, cette fois, d'y être attentifs? Pourquoi maintenant?

    Plusieurs personnes entreprennent une démarche pour s'attaquer au problème lorsqu'elles sont rendues à ce stade. Souvent, elles iront chez le médecin dans l'espoir d'une solution physique simple. Un médicament, une chirurgie, un programme de conditionnement physique, une diète, ou même de la physiothérapie apparaissent alors comme des solutions désirables.

    Elles sont vivement déçues lorsque leur médecin leur parle de stress, de burnous, de dépression et de l'importance de traiter le côté psychologique de leur vie. Elles restent longtemps sceptiques devant le psychologue qui tente de les aider à voir combien leur vie a besoin d'un réajustement, combien leur couple est un poids, combien il leur faudra changer leur façon de vivre pour arriver à une solution.

    Souvent, à ce stade, ce n'est même plus une question d'avoir le courage de regarder le problème en face. D'une part, on est convaincu qu'il s'agit d'un problème physique auquel il faut des solutions physiques. D'autre part, on est alors tellement mêlé et confus qu'on désire vivement s'en remettre à quelqu'un d'autre pour identifier le problème et la solution. On a renoncé à se comprendre et on cherche partout les promesses d'un mieux-être.

    Le médecin nous dit: "c'est psychologique", "c'est entre les deux oreilles". Mais c'est révoltant, car le mal est réellement présent, on le ressent vraiment. Il est tentant alors de consacrer son énergie à prouver au médecin qu'il se trompe, que le problème existe vraiment, qu'il ne s'agit pas d'une maladie imaginaire! Dans un premier temps, on ira chercher l'opinion d'un deuxième médecin, puis d'un troisième... Par la suite, on en viendra à faire appel à tous ceux qui nous promettent une guérison ou au moins une compréhension de notre situation: guérisseurs, conférenciers et livres de psychologie deviennent alors nos voies de solution. Oui, même la lettre du psy peut être une fausse solution remplie d'illusion.


  6. Le chemin vers le marasme


    En résumé, on peut comparer ce cheminement à un escalier qui descend vers le marasme psychologique. C'est le passage dangereux qu'on emprunte si on refuse de prendre nos sentiments et nos émotions au sérieux et si on refuse de tenir compte des messages qu'ils véhiculent. Cet escalier très glissant nous invite à continuer toujours vers le bas; seul un choix volontaire, appuyé sur une bonne compréhension des forces en jeu, peut nous permettre de rebrousser chemin vers une vie saine et satisfaisante.

    Voici un résumé des étapes de ce cheminement néfaste. Le fait de le connaître et de savoir déceler où nous en sommes sur cette voie est déjà un élément de solution.

    - Contester, repousser ou contrôler le sentiment ou l'émotion.
    - Accumuler les frustrations, émotions 'excessives'.
    - L'élimination des indices (indifférence).
    - Les réactions secondaires (angoisse, phobie, stress, dépression).
    - Les satisfactions illusoires et compensatoires.
    - Les problèmes et solutions physiques.
    - La tournée des médecins et des 'gourous'.

  7. Comment renverser la vapeur

    Comme pour tous les genres de problèmes, les solutions sont relativement faciles et efficaces si on s'y prend tôt. Par contre, si on laisse la situation dégénérer, il faut plus de temps et des moyens plus puissants pour arriver à en sortir. Dans un autre article, nous examinerons en détail les moyens à utiliser ainsi que les obstacles qui se présentent lorsqu'on entreprend de s'en servir. Pour le moment, jetons un coup d'oeil sommaire sur les genres de solutions qui sont nécessaires aux diverses étapes de ce cheminement vers le marasme.

    Il est assez facile de renverser la vapeur si on en est encore aux premières marches. Un désir réel d'être attentif à ses sentiments et d'en tenir compte est suffisant pour la personne qui est encore à la première marche. Avec en plus un peu de ténacité et le courage d'affronter ses difficultés de vie, on a les ingrédients suffisants pour remonter à la surface à partir de la deuxième marche. Il ne faudrait pas s'étonner cependant de rencontrer quelques difficultés. Il ne semble pas normal, au début, de prendre le temps de vraiment ressentir nos sentiments et nous pouvons avoir de la difficulté à tolérer l'intensité qu'on découvre dans nos émotions.

    À la troisième et la quatrième marche, ça devient déjà plus difficile. On a besoin, en plus des moyens ci-dessus, d'outils spécifiques. Il faut des connaissances précises sur ce que nous avons appelé plus haut les réactions secondaires (angoisse, phobie, stress, dépression) ainsi que sur les méthodes qu'on utilise pour se rendre insensible. Des textes comme ceux de la lettre du psy peuvent être ici d'un grand secours en aidant à comprendre ce qui se passe. Mais en plus de ces connaissances, il faut des moyens concrets pour renouer avec sa sensibilité. Des outils d'exploration comme le journal de bord et la respiration sont nécessaires pour y parvenir par soi-même. Il faut tout un arsenal de ce genre d'outils pour remonter efficacement la pente.

    À compter de la cinquième marche, il n'est pas réaliste de croire qu'on parviendra à rebrousser chemin sans une aide professionnelle. Un psychologue spécialisé en psychothérapie est souvent la meilleure ressource pour aider à en sortir. Mais ce n'est pas n'importe quel psychothérapeute qui fait l'affaire: il faut un spécialiste qui accorde une place prépondérante à la vie émotionnelle.

    Le professionnel approprié peut fournir non seulement des connaissances et des outils pratiques qui aident à se reprendre en main, mais il peut fournir également un support essentiel pour mener la démarche à terme. En tant que spécialiste des phénomènes émotifs, il est capable d'aider à reconnaître les dimensions de la vie intérieure qui sont cachées derrière des symptômes physiques.

    Un psychothérapeute d'orientation humaniste ou psycho dynamique fait habituellement une place importante à la conscience, à la subjectivité et aux phénomènes émotifs, non seulement dans sa compréhension des problèmes psychiques, mais également dans sa façon d'intervenir sur ceux-ci. Il sera donc la plupart du temps un choix judicieux pour la personne qui veut récupérer son expérience intérieure avec les indices et les guides d'adaptation qu'elle comporte.

    D'autres psychothérapeutes centrent leur intervention directement sur le problème dont la personne souffre. Généralement, ils appartiennent à des approches béhavioristes ou cognitives. Leur but se limitant à résoudre aussi rapidement que possible le problème pour lequel la personne consulte, ils ne font pas une place importante à la conscience et à la vie intérieure. Le travail ira normalement dans une direction différente de celle que je présente ici et ne permettra pas le retour à une vie émotive plus consciente et mieux utilisée.


  8. La prévention est le meilleur remède

    L'espace manque ici pour expliquer le cheminement qui permet de remonter à la surface vers une vie satisfaisante et psychologiquement saine. Nous y reviendrons dans un autre article.

    En attendant, il reste la possibilité d'utiliser des connaissances et des outils comme ceux que nous présentons ici. Ils doivent, pour cela, être utilisables efficacement par chacun dans les situations ordinaires de sa vie. En comprenant mieux les mécanismes et les phénomènes en jeu, on peut dénouer bon nombre d'impasses. En utilisant des façons de procéder qui aident à mieux ressentir ses émotions, on se procure les moyens de se guider dans des directions productives.

    Mais la meilleure solution demeure la prévention: prendre ses sentiments et ses émotions au sérieux, les considérer comme des indices importants et en tenir compte pour choisir ses actes. En s'inspirant de ces trois principes, on s'assure de mener une vie psychologiquement saine et, par conséquent, de ne pas s'enliser dans des problèmes qui iront en s'aggravant. Cet effort de conscience nous permet de nous réajuster rapidement lorsque nous nous trompons et nous aide à percevoir plus clairement nos succès. De cette façon, nous permettons à nos émotions de jouer leur véritable rôle, celui de guide sûr vers la satisfaction de nos besoins les plus importants et la réalisation de nos aspirations, même au quotidien.

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